gruyeresuisse

27/01/2018

Matières de rêve : David Gagnebin de Bons dans la maison des Dioscures.

Gagnebin.jpgDavid Gagnebin-de Bons, « L’incertitude qui vient des rêves », « Circuit », centre d’art contemporain, Lausanne, du 3 février au 17 mars 2018


Pour la matérialisation du souvenir et le récit d’un état où se formalise le rêve, les cyanotypes et les photographies de David Gagnebin de Bons font beaucoup. Ils ont pour sujets des rêves, des lieux rêvés et, pour certains, des rêves empruntés à des tierces personnes. Bref le songe bat la campagne : de la forêt originelle des premiers romans de Ballard (sans oublier Ramuz et ses montagnes) aux formes géométriques apparues dans le sommeil. Il existe moins de menus fretins de narrations factuelles à la Butor que des portraits de rêveurs et des autoportraits « perdus dans le bleu de l’inconscient ».

Gagnebin 3.jpgDavid Gagnebin-de Bons rentre en divagation dans une liberté des matières et des formes sans terminus et avec beaucoup d’ombres, d’humour (et de travail). L’inspiration littéraire n’est pas toujours la source mais l’essentiel est sauf. Il n’existe ni déclin; ni chute et encore moins de décadence puisque le rêve est la matière et la manière d’imaginer encore. La dépendance au réel est remplacée des images verticales. Telle est la leçon du Testament selon l’enchanteur qui désenclave les hiérarchies entre l’imaginaire et la réalité dans sa « basilica ». Elle n’a rien d’un marché (ouvert) ou d’un souk. Si bien qu’avec un tel créateur l’épicurisme livresque ne s’assombrit jamais.

Jean-Paul Gavard-Perret

10:44 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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