gruyeresuisse

27/01/2018

L’ « Alphaville » de Thibault Brunet

Brunet.jpgGalerie Heinzer Reszler, Lausanne au salon Artgeneve, Stand D 35, du 1 au 4 février 2018 ;

 Thibault Brunet joue avec le réel dans des photographies qui oscillent entre la sphère du digital, la peinture, l’architecture, le reportage et la poésie. Dans ses séries « Vice City » (2007 - 2012) l’image devient un avatar où le réel se dissout au sein d’architectures d’immeubles solitaires, de villes fantômes et d’immenses paysages d’un monde virtuel comme celui du jeu électronique « Grand Theft Auto » (GTA).

Brunet 2.jpgCe monde est moins celui de gangsters qu’une sorte de vision extraterritoriale d’un « Alphaville » de Godard entre anticipation et disparition. L'image devient ce qu'était la peinture pour Diderot lorsqu'il écrivait : « l'image, dans mon imagination, n'est qu'une ombre passagère ». Sensible à l'étroite parenté qui relie son interrogation fondamentale à la réflexion sur l’image, Thibault Brunet illustre aussi combien elle fonctionne comme un piège à regard.

Brunet 3.jpgC’est pourquoi la représentation jouxte l'extinction de toute visibilité que souhaitait Schopenhauer au sujet des images : « la suppression et l'anéantissement du monde ». L’artiste fuit l'image solaire pour atteindre des visions « léthéennes» selon une esthétique qui dicte dans son essence une disparition ou sa proximité là où la négation n'exprime plus rien de négatif mais dégage simplement l'exprimable pur et donne forme à une sorte de chaos existentiel..

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Commentaires

C'est beau; surtout la première en haut.

Écrit par : Rémi Mogenet | 28/01/2018

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