gruyeresuisse

12/01/2018

Ursula Palla : demain hier

Palla 3.jpgExposition Ursula Palla, “Talking to the moon”, Galerie Gisèle Linder, du 20 janvier au 10 mars 2018.

Ursula Palla crée des mondes et des personnages fascinants : ils séduisent par leur charme et leur innocence. Nous pénétrons dans un monde d’illusions ; mais désormais le rêve ne s’arrête là où l’angoisse fait insidieusement son nid. Il perdure. L’artiste construit des petits pans de douceurs et d’éden (« Talking to the moon ». Dans la vidéo Porcelaine, l’objectif est sensiblement le même : des mains errent pour façonner l’impossible : de la vaisselle s’empilée en une tour de Babel idéal mais qui finit là où une telle architecture finit…

Palla.pngLes œuvres finalement ne seront ni un leurre ni une jouissance mais juste la poussée dans l’inconscient. S’y inscrivent des gerbes divergentes de sens en une confrontation avec l’Autre là où non seulement le lieu mais le temps ont forcément leur mot à dire. Ils sont induits dans de telles narrations proches d’une acmé mais aussi d’un déchirement. L’œuvre par ses assiettes ou son éléphant aussi immobile que ceux d’une célèbre fontaine de Chambéry crée une étrange proximité et un éloignement. Proximité communicante - presque communiante et utopique.

Palla 2.jpgExiste toujours coupure et rétention. Et une alternative comme dans « sunflowers » où en référence aux tableaux de van Gogh, les fleurs se fanent ou s’épanouissent en fonction du temps. Et la technologie n’y peut rien. Preuve que la nature leur échappe. Même celle de l’image. Une telle œuvre nous entraîne jusqu’à ce que nous en devenions partie prenante tout en restant en expectative au moment l’image redevient langage et matière aussi jouissante que résistante.

Jean-Paul Gavard-Perret

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