gruyeresuisse

04/01/2018

Le diable probablement - Tom Kelley

Kelley.jpgTom Kelley transforme le corps féminin en lumière. Pour cela il défait la ceinture du langage compassé afin que la nudité prenne un nouveau sens. Refusant le collet monté, la prise devient brûlante. Pour preuve : dès 1948, Kelley photographie, nue, une actrice au chômage : Marilyn Monroe. Le cliché sera repris pour le premier numéro de Playboy. L’actrice et la photo devinrent culte. C’est là qu’un des exemples du travail souvent inédit de nus réalisés par Kelley dans les années 1940 à 1970 et qui paraissent aujourd’hui. .

Kelley 2.jpgRecruté très tôt pour son œil et son don de la composition par Associated Press il photographie le gotha politique et mondain de New York puis de Los Angeles. Il shoote les actrices les plus célèbres mais aussi les mannequins inconnues et les starlettes dans ce qui devint l’album le plus glamoureux qui soit. Evelyn West, Norma Brooks, Mamie Van Doren, font de lui le photographe incontesté des pin-up.

Kelley 3.jpgEntre classicisme et un baroque exotique cher à l’époque les photographies transcendent un genre voué normalement à la censure. Il fut ainsi celui qui fit bouger les lignes en imprimant un vent de liberté au moment où ses poupées galbées deviennent autant des modèles d’un paradis (perdu ?) que les prémices d’un enfer qu’exploitera plus tard une Cindy Sherman. Mais chez lui l’humour enjoué reste plus ludique que critique et prouve que le plaisir ne tue jamais.

Jean-Paul Gavard-Perret

“Le studio de Tom Kelley”, Reel Art Press.

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