gruyeresuisse

02/01/2018

Les amours singulières de Marta Kochanek

Kochanek 2.jpgMarta Kochanek aime photographier des scènes aux narrations multiformes : les romans de gare s’y transforment en divers types de « mésalliance » dans le mixage des couleurs de peau, des âges, de la beauté et de la laideur. Le tout au mépris des conventions dites sociales et des partages classiques des genres sexuels.

Kochanek.jpgLa photographe rappelle que si l’essentiel en ce monde n’est peut-être pas la volupté, si l’être n’est pas limité à l’organe de la jouissance, l’attirance du stupre reste essentielle. Si bien qu’en matière d’érotisme, les ascètes ont paradoxalement raison lorsqu’ils affirment que la jouissance est le piège du diable. Lui seul, en effet, rend tolérable un besoin de désordre et d’indignité qui est la racine de l’amour. Il porte au-delà des limites des morales par excès de vie. Sans lui nous nous éloignons de la vérité de la nuit.

Kochanek 3.jpgBref en absence de l’amour sexuel nous ne portons jamais la lumière au point même où elle tombe. Sans lui comment saurions-nous de quoi nous sommes faits ? A ce titre l’enfer est l’idée faible que Dieu nous donne volontairement de lui-même. Et à l’échelle de la perte illimitée, nous retrouvons par les amours irrégulières le triomphe de l’être dans la jouissance. C’est pourquoi les mystiques la veulent périssable mais il faut lui accorder tous les honneurs comme Marta Kochanek le propose et l’induit. Ouvert à la plénitude sans réserve de la fornication l’être atteint sa lumière aussi nocturne que solaire et cosmique.

Jean-Paul Gavard-Perret

http://www.martakochanek.com

 

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