gruyeresuisse

02/01/2018

Agustina Puricelli et les fruits de la passion

Augustina.jpgSi pour Georges Steiner « les arts sont enracinés dans la substance, dans notre corps humain », celui-ci peut s’agrémenter de ce qui l’alimente et qui devient un élément ou ingrédient de plus dans l’imagerie érotique. La nourriture parcourt la nudité en tant que pèlerin d’un jeu et comme vecteur de processus de transformation à l’aide de son modèle Daiana Lopez De Vincenzi, nana à l'ananas ou aux groseilles sur le gâteau.

 

Augustina 2.jpgPeut alors se comprendre une dérive à la notion « de corps au-delà des corps » élaborée par Didi-Huberman dans sa théorie sur la dissemblance de la figuration. Elle donne aussi une nouvelle forme au « corps glorieux » à la fois objet et sujet des nourritures terrestres. Prune de Cythère le corps nu devient tout autant compotier ou assiette. Bref le couvert est mis pour une fête dionysiaque.

Augustina 3.jpgAgustina Puricelli n’en fait pas pour autant un fromage même si le regard se paie une bonne tranche de sucres lents ou rapides. Le jeu semble plus important que la partie qu’il engage en ce qui tient d’une forme de schizophrénie et du rêve bien éveillé. A l’image réaliste pour qui une "table est une table", l’artiste argentine propose une vision à caractère symbolique. Elle permet néanmoins non de consommer mais de consumer le langage iconographique conventionnel.

Jean-Paul Gavard-Perret

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