gruyeresuisse

27/12/2017

Le trouble des spectres– Paolo Roversi

 Roversi.jpgLe travail de Paolo Roversi peut se rapprocher de celui d’un Newton et d’un Peter Kemp. Mais le problème de l’identité s’y pose plus intensément en un dévoilement aussi raffiné que trash. L’érotisme de l’artiste crée une perspective dégagée du simple voyeurisme. Car le regard n’en vient pas à bout. Un lien existe entre le sujet vu et celui qui le regarde. Mais cette connexion ne se prête pas à une lecture immédiate.

 

 

 

Roversi 2.jpgLe corps photographié est sans doute désirable. Mais l’approche du « miroir »- contrairement à ce qui se passe dans la peinture - suscite le soupçon. S’y devine le spectre fardé d’un autre qui n’est pas. Des Méduse et Blanche-Neige ressuscitent comme ce fut un moment de la peinture lorsque pour la première fois un peintre florentin y dessina un reflet avant d’être emporté dans le courant.

 

 

Roversi 3.jpgIl convient de chercher l’ombre du miroir sous l’image. Chaque femme abrite un silence dont l’écho la suit. Elle l’offre là où Roversi crée parfois des biffures. Le masque à lui seul reste peut-être miroir, mais sans ce dernier comment le savoir ? Si bien que la photographie devient la vision remisée et l’aveu contrarié. C’est pourquoi on devrait recouvrir les miroirs comme on voile le corps. Afin que le temps ne glisse plus dessus, qu’il se retienne comme un désir. Voir alors qu’elle effet cela provoque et comment on peut alors masquer l’aveu. Plus besoin de tourner le dos comme un fantôme lui-même gagnerait sa fuite.

Jean-Paul Gavard-Perret

15:29 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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