gruyeresuisse

23/12/2017

Anelies Strba : reprendre, recomposer

Strba2.jpgAnelies Strba, Galerie Anton Meier, Genève, jusqu’au 3 février 2018.


A partir de la photographie, plutôt que la saisie d’une « seule » image, Anelies Strba crée une forme de décalage et de floutage : elle donne une nouvelle identité de l’image. Celle-ci ne parle que par son propre langage selon une déconstruction formelle où la forme prend son impact par la couleur. Partant de substrats littéraires la créatrice offre une réflexion sur l’art lui-même. Tout est donc conçu selon des architectures improbables, des géométries colorées.

Strba3.jpgLe travail permet une sublimation ou plutôt un dépassement du réel, des modèles, de leur scénarisation. Le travail cherche moins une transposition du monde qu’une exploration du poétique visuel. Surgit en conséquence une théâtralité des formes et une chorégraphie abstraite. L’objectif cherché n’est plus l’identification d’un sujet. Et si certains éléments peuvent être identifiables cela reste secondaire.

Strba.jpgAnelies Strba cherche moins une « réalité » seconde qu’un processus de recomposition. Points de fuite et pans se démultiplient en de nouvelles présences afin d’atteindre une sorte d’effacement ou de déperdition de la photographie originale. L’œuvre devient une sorte d’architecture utopique et improbable par laquelle l’artiste métamorphose les illusions de réalité et met à jour cette frontière où naît l’œuvre d’art dans un renouvellement de son langage.

Jean-Paul Gavard-Perret

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