gruyeresuisse

12/12/2017

L’art et l’existence : Phumzile Khanyile

Phum.jpgPhumzile Khanyile est originaire de Soweto. Sa série d’autoportraits propose une puissante force narrative digne d’une activiste capable de montrer - sous forme documentaire mais aussi artistique - la vie des femmes en se moquant des tabous et en se mettant elle-même en scène pour renouveler l’esthétique photographique sous l’influence d’Ayana V. Jackson. Phum 2.jpgSes photographies (série « Plastic Crowns ») intimes sont un journal politique sur la condition des femmes par la force émotionnelle de ses prises riches et puissantes. Les vies défaites et spoliées retrouvent un lustre.

La créatrice ne cesse de photographier pour reprendre la lutte et repartir de là où les souffleurs de mort de tout acabit revendiquent l’oubli afin de dissimuler le passé. Ils n’en finissent pas de descendre les volets sur leurs méfaits. Mais aucun trou de mémoire ne peut effacer le cri des corps des femmes. Phum  3.jpgEt Phumzile Khanyile appuie là où ça fait (encore) mal. On ne lui pardonne pas toujours. Mais elle avance. Son travail s’éloigne du brouet photographique à l’esthétique impeccable et qui élude ce que les vies et les visages cachent. Chez elle il est moins psychologique qu’une forme de procédure de décryptage du réel tel qu’il fut et tel qu’il demeure pour celles dont l’existence se réduit à des vies de chiennes. Manière que ces femmes ne soient plus effacées et objectivées comme elles l’ont toujours été.

Jean-Paul Gavard-Perret

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