gruyeresuisse

09/12/2017

Ian Mac Farlane : femmes

Farlane 3.jpg« En ce qui concerne la sexualisation des jeunes femmes d'aujourd'hui, le nombre écrasant d'agressions sexuelles est connu » précise Ian Mac Farlane. Afin d’en témoigner l’auteur a su éviter toute récupération ou engagement déplacé. Il s’est effacé derrière ses portraits. Et ceux-là parlent superbement pour lui. Avec toujours une vue frontale, les jeunes femmes sont saisies telles qu’elles sont. Sans masque ou apprêt. Et la photographie trouve là un destin.

Farlane.jpgDans la saisie peut se reconnaître la conjonction de deux regards. Celui de silex : tout en concentration, il communique à l’espace une rigueur. L’autre est comparable à celui que les Chinois nomme « regard du poignet vide » : la présence du corps conduit le regard en résonance avec le monde. Ian Mac Farlane n’y est plus que réceptivité sans projet (apparent).

Farlane 2.jpgLa prise est troublante. Elle est aiguë et grave (les femmes ne sourient jamais).-S’y entend la solitude et se voit le silence. Ce sont soudain deux mondes qui se croisent et ne se chevauchent pas. La femme reste un sujet en face d’un autre qui la saisit. Cette plasticité de l’image possède une forme de perfection. La photographie n'est plus la possibilité de voir, mais l’impossibilité de ne pas voir

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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