gruyeresuisse

05/12/2017

Après la guerre : la marche forcée de Marianne Maric

MARIC bon.jpgD’origine serbe, la Française Marianne Marić s'est rendue à Sarajevo pour se confronter à son histoire, celle de sa famille et d’une de ses sœurs décédée. Cette mort engendra dans la famille un lourd silence. Pour le casser l’artiste est allée à la rencontre de femmes jeunes photographiées d’abord sans visage. Peu à peu elle arrive à le montrer comme si à travers lui, la créatrice osait rappeler la disparue.

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Par ailleurs  elle mixte le portrait à tout un processus mémoriel de représentation (images et vestiges de la guerre fratricide). Implicitement tout jusque dans la nature est marqué par les blessures du conflit où la femme fut souvent réduite à un objet. D’où ce puzzle de photographies en apparence disparate mais où il s’agit de réconcilier la femme avec son image, un pays avec ses horreurs : les stigmates sont à chaque pas d’une telle marche forcée, d’un tel voyage « initiatique » où la femme devient « symptôme » du futur - preuve qu’elle reste l’avenir de l’homme..

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Chacune ressemble à une citadelle de vie face aux creux laissés par les obus et dans les lignes de défense en désuétude. Nul ne peut dire s’il s’agit désormais d’endroits bénis ou d’enfer. Les héroïne semblent néanmoins sereines et sexy là où les cerbères rodaient : même aujourd’hui il ne faut pas s’y fier. Leurs crocs demeurent.

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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