gruyeresuisse

01/12/2017

Prélude à la construction d’un corps lesbien contemporain

Dagoit 1.jpgMarie-Laure Dagoit a recueilli des paradigmes visuels d’un temps pourtant pas si lointain où le corps lesbien purement et simplement n’existait pas ou si peu. . C’est pourquoi d’ailleurs le mot « pornographie » si souvent utilisé n’importe comment prend tout son sens puisqu’il y va de l’exhibition la plus provocatrice, de la plus crue d’un corps offert à une construction nouvelle du désir et du fantasme.

Dagoit 2.jpgL’auteure illustre comment une contre-culture et certains créateurs marginaux transcendèrent les poncifs et dépassèrent une sorte d’écriture du corps qui trop souvent tournait autour de pot et où la masculinité « camionneuse » n’était que la figure de proue du lesbianisme affiché.

 

 

Dagoit 3.jpgMarie-Laure Dagoit offre par son texte et des reliques exhumée et parfois surprenantes (comme le cliché pris dans les travées d’un concert) l’incarnation de l’être en son rapport au même. Si cette traversée de la chair fut fabriquée parfois afin de créer un phénomène de foire (film X lesbien fait autant pour les mâles que pour les femmes) elle permit en d’autres visions de réaliser l’avènement - pour beaucoup de femmes et surgissant du gouffre illettré de soi - un «deviens qui tu es » et un « sois celles qui se montrent ». Sapho sortit du mythe pour entrer dans le réel. S’y déploie une volupté cachée reçu à l’époque comme une gifle, une claque et une audace.

Jean-Paul Gavard-Perret

Marie-Laure Dagoit, « Embrasse moi idiote », éditions litterature mineure, Rouen, 2017, Rouen, 25 E .

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