gruyeresuisse

28/11/2017

Les sous jacences d’Harmony Korine

Harmony 2.pngHarmony Korine “Pigxote”, Nieves, Zurich, 96 Pages

Traits flous, jeux de segmentation, tout est fait par Harmony Korine afin de jouer avec le regard du voyeur au sein de ce que l’artiste nomme des « moments expérimentaux ». La femme (énigmatique) n’est saisie que par fragments en une recherche plus ludique qu’érotique même si le charme conserve sa place. Il s'agit de questionner autant le langage plastique que le féminin. Lui donner corps - un corps particulier - en montrant des liens qui permettent de s'interroger sur le pouvoir de l'image, la poétique du corps et celle du désir et de l'attente.

Harmony 3.jpgHarmony Korine capte non seulement le corps d’une égérie mystérieuse mais un regard, une pensée. C'est une quête qui à partir d'un point de départ unique permet de déplacer les points de vue. L'objectif est d'introduire non le mais du motif dans une langue plastique volontairement « douteuse ». D’où l'articulation d'une expérience sensorielle et esthétique sur le fil du rasoir entre la littéralité la plus forte possible et le nécessaire transfert réflexif.

 

 

Harmony.pngLe langage iconographique l’installe au sein de zones plus ou moins obscures, faites d'arrachements et d'excroissances au sein d'un langage poussé à ses limites. Parfois le corps semble prêt à basculer vers la transparence, mais il résiste par la force du cadre et du grain. Chaque prise révèle des potentiels et l’image est à penser au delà du principe de surface : la densité, la brèche, le caviardage s'exhaussent de la source féminine pour montrer un inexprimable et l’extraire du chaos.

Jean-Paul Gavard-Perret

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