gruyeresuisse

26/11/2017

Sarah Cohen : débordements et délicatesses

Cohen 5.jpgSarah Cohen invente une communion cérébrale et une commotion végétale par le jeu des matières et du dessin en divers types de superpositions. Par substrats et « rempotages » d’un genre particulier l’artiste jardine des émotions à sa main par des visions aussi allusives que fabuleuses. Ses semis semblent se planter tout seuls. Pourtant chaque pièce est le fruit d’un long travail afin qu’elle soit purpurine dans l’opulence retenue du geste et de la matière.

Cohen.jpgL’artiste dépouille les apparences, rejoint un lointain obscur (dont par pudeur elle ne dit rien) pour le délivrer. Les éléments appliqués sur une forme première font moins  bâillon qu'ouverture en un exercice de discrétion et les jeux d’ombres et de lumière.  Peu à peu la forêt des morts est remplacée par celle d'un vivant en gestation.

Cohen 6.jpgLa perfection et la précision sont là afin que rien ne blesse et déchire au nom de fondations : tous les appels plaintifs sont métamorphosés dans la coulée, le curetage ou le blanchissement. Des sculptures et des nappes entrouvrent ce que l’artiste n’a pas connu directement mais qui la laisse inconsolable.

Cohen 3.jpgPour autant le « mal » est tenu à distance en une quête de l’absolu comme de l’instant. Il existe toujours une densité, une extension contrôlée là où l’œil fouille l’interne, le silence pour en exhausser des pépites. Entre la force des couleurs sombre de laves ou de totems allongés et la blancheur de formes subtiles et immaculées, les vieux fantômes réactivent non la détresse du passé mais la nostalgie de nouveaux ailleurs. Le tout au sein d’une perfection vers laquelle Sarah Cohen ne cesse de cheminer pour remplacer par les images ce que les mots ne diront jamais.

Sarah Cohen, « Les Points et un point », K's Gallery à Tokyo.

Les commentaires sont fermés.