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19/11/2017

Censure européenne d’Egon Schiele - tout n’est pas bon dans le cochon

Schiele 2.pngEn 2018 va voir lieu la célébration de la mort du peintre autrichien Egon Schiele dont les œuvres de nudité fascinent, interrogent. Mais on ne se doutait pas à ce point… Le Leopold Museum pour lancer l’évènement présente « Egon Schiele, Expression and Lyricism » et une campagne de publicité a été organisée dans toute l’Europe entre autres dans les espaces publics de Londres ainsi qu’en Allemagne, montrant plusieurs nus célèbres du dessinateur viennois.
De telles reproductions dans les espaces publics (abris bus, métro, etc.) n’ont pas été du goût des édiles.

Schiele.pngL’anglicanisme, le protestantisme voire les religions foraines ont créées un retour du refoulé. Les nus ont été reculottés de bannières pour couvrir les appendices prohibés. Les attributs barrées des bannières blanches et noires, expliquent : « DÉSOLÉ, vieux de cent ans et pourtant encore trop osé pour aujourd’hui ! » La censure se teinte donc d’humour. Il se peut même que, relayée sur les réseaux sociaux, elle donnera à l’événement une aura inattendue. Preuve que la censure peut se mordre la queue.

Schiele 3.pngNéanmoins l’ordre voit toujours dans le sexe le désordre et a vite fait de qualifier de pornographique une œuvre pourtant incontournable. La maladie de la spiritualité et de ses illusionnistes a la vie dure. Ceux-là aiment tellement briller qu’ils mangeraient du cirage. Traces (de l’âme?), trous (du corps?), volupté inquiète et impudique méritent donc l’interdiction plutôt que la sidération. Le désir se masque. Certains bords des étangs de nos misérables carcasses doivent restées introuvables. D’autant qu’à tous les ambitieux du pouvoir la censure fait lit – mais pas celui du stupre et de la fornication. Leur morale prouve qu'apparemment tout n’est pas bon dans le cochon. Même lorsque le charcutier se nomme Egon Schiele….

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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