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18/11/2017

Les équivoques de Gus Van Sant au musée de l’Elysée

Sant Bon.jpgGus Van Sant, « exposition », Musée de l’Elysée, Lausanne, du 25 octobre 2017 - 7 janvier 2018


Gus van Sant ne cesse de créer un monde particulier en rapprochant d’identités qui annulent l’originelle quel que fût son genre. Films, photos, dessins soutiennent une dynamique de l’équivoque et parfois une temporalité implacable. L’image déployée comme un voile ne peut être la source d’un abri ou d’une fuite mais de l’interrogation sur le genre, la morale, le physique au moment où la chute semble la plus « belle » figure jamais inventée.

Sant bon 2.jpgChaque œuvre devient une réflexion sur la difficulté d’exister jusque dans des moments paroxysmiques d’écroulement de diverses entreprises dont la raison demeurera sans réponse. Aux motifs et aux écoles de pensées Van Sant préfère l’instant, l’éphémère sans jamais insister sur le pathos, l’éclaircissement d’actes de semblables malveillants ou paumés. Ne demeure qu’une vision libérée de toute offuscation ou encore le tissu d’une urgence qui rejette dans les limbes tout jugement au sein des carrés des victimes et des suicidés.

Sant bon 3.jpgPerdure une forme d’abandon à la simple observation même si bien sûr Van Sant choisit ce qui doit d’être vu dans une clarté sans ombre (« Elephant ») ou une ombre sans clarté (« Last Days »). Il en va de même quant à la nature de l’identité précise et circonstanciée. Elle se creuse en ne pouvant se scruter ou ranger en deux dimensions distinctes et opposées. Les genres relatifs et ductiles « s’ensemblent » loin de toute neutralité. Mais au regardeur de faire la part du feu.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

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