gruyeresuisse

10/11/2017

Succès damnés - Marie Laure Dagoit

Dagoit 3.jpgDans un maillage de diverses approches Marie-Laure Dagoit fait succéder des déclinaisons intempestives, ludiques et jouissives d’éros. La louve n’y est pas forcément romaine… Et ses seins nourriciers deviennent le prétexte à des strip-teases parodiques. L’esprit du spectateur/liseur serpente entre dérision et tentation. A cela une raison majeure : l’auteure et éditrice se propulse vers un éros énergumène où en Méduse elle se joue de bien des Licornes ou ce qui en tient lieu.

 

 

Dagoit 2.jpgVamps et caïds subissent un métissage culturel. Entre portrait et quasi document « social », les préjugés en prennent pour leur grade au profit des singularités. Les lois des genres effacent leurs marelles, des légendes roulent leurs chimères dans les aiguillages de l'insomnie. Et au besoin Marie-Laure Dagoit saisit les modes urbaines, singularise une subculture métisse et baroque.

 

 

 

Dagoit.jpgSe faufile un certain sens du faux portrait, du jeu. Les bures des grands couturiers sont en charpie et les ascèses ébréchées. Entre souffle et soufre et dans les voiles d'un ciel pourpre, se franchissent l’espace des chimères. Ce que ne peut capter la photo ou l’image, l’écriture de Marie-Laure Dagoit le propose. Tout semble vu d’en bas ou en contre-plongée là où la femme se dit allongée sur le grand espace de bataille.

 

 

 

 

Dagoit 4.jpgLa créatrice offre un regard, mais autre chose qu’un regard. Car l’auteure sait qu’on ne raconte pas le regard, les mots sont impuissants, ils n’y peuvent rien, les mots, ils voudraient pourtant bien faire mais cela leur échappe définitivement. Ici, par les mots, le regard est un rapport plus fort que celui avec les choses vues. Un rapport intime dans l’ordre du désordre. Un rapport qui ordonne. « Défais mes liens ». Mais pas vraiment, car Marie-Laure Dagoit affectionne poses et chausse-trappes. Là où le textile glisse, il reste impénétrable.

Jean-Paul Gavard-Perret

Marie-Laure Dagoit, « La lumière devant moi », Marie-Laure Dagoit et Rohan Graeffly, « Mes doigts sont gourds », Marie-Laure Dagoit et Isabelle Cochereau « Le soleil a seulemenn brûlé », Marie Laure Dagoit, « L’érotisme des autres », et « coffret en anglais » Editions litterature mineure, Rouen, 2017, Tous 8 E. sauf les 2 dernier 25 E.

(Image 2 : Isabelle Cochereau)

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