gruyeresuisse

08/11/2017

Gabriela Torres Ruiz : silence tel que ce qui fut

Torres 2.pngGabriela Torres Ruiz photographie le silence afin de faire entendre ses craquements sourds. Chaque lieu (ruines architecturales, forêts alpines, etc.) crée un mystère. Ici le mystère veut dire mystique au sein de tanières où le vide s’entend. Partager son secret exige de le garder.

Torres BON.jpgLe silence ne reçoit ainsi que le dépôt de la nudité des lieux. Parler éloignerait ainsi leur sensation : le langage contraint, refoule, divise, repousse le silence. A l’inverse la photographie en témoigne. La ruine des lieux requiert le parfait mutisme en guise d’aveu. Il faut que le silence montre son museau comme un animal féroce et écumant, comme une divinité prédatrice qui s’oppose au Verbe. Le silence court ; livre. Devient un chien abandonné là où les gravats où se perd toute « vanité » et les paysages glacés sont éloignés de la civilité des sociétés et des cours.

Jean-Paul Gavard-Perret


Gabriela Torres Ruiz, « Silence », Hatje Cantz, Berlin, 128 p., 40 E ., 2017.

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