gruyeresuisse

06/11/2017

Fabienne Verdier : injonction des tropismes

Verdier.jpgEn Europe, Fabienne Verdier est sans doute la seule à pouvoir revendiquer le titre de calligraphe. Elle a dirigé progressivement sa peinture en ce langage en une sorte de chemin de la Passion. Elle suit pendant une dizaine d’année les cours d’un maître chinois Huang Yuan. Celui-ci refuse d’enseigner son art et ce dans une version picturale de ce que l’on retrouve (tout arrive…) dans le « Kill Bill » de Tarentino. Pour celui-là l’enseignement se mérite car il n’est pas fait que de techniques : « Pendant six mois, j’ai déposé chaque soir mes exercices devant la porte du maître sans obtenir de réponse » dit Fabienne Verdier. Mais vient le jour où le maître accepte le « deal » inédit : partager son savoir avec une femme et qui plus est une femme occidentale.

Verdier 3.jpgDe retour en France aux techniques de la peinture primitive flamande elle mêle ce qu’elle a appris de la calligraphie. A partir de là tout s’enclenche. Ici et là-bas. Elle expose à Hong Kong en 1993 et à Taïwan en 1997 et en occident Et si de prétendus avant-gardistes fustigent son travail on reconnaît chez elle la capacité de renouvellement d’un art qui par la perspective foraine de Fabienne Verdier trouve une nouvelle vision.

Verdier 2.jpgL’artiste crée la symbiose entre la peinture occidentale et la calligraphie chinoise pour métamorphoser l’une et l’autre. L’œuvre met en commun ce que les cultures occidentale et orientale séparent. Pour elle le langage n’est « qu’un moyen de comprendre le principe d’être de toute chose ». Seule sa maîtrise permet d’interpréter chaque élément de l’univers. Et de donner vie à une peinture ». Fabienne Verdier a donc trouvé peu à peu la sienne selon une approche qui par un lyrisme des formes et des couleurs il n’est pas délire ou abandon mais suprême précision afin de faire trembler le sens de l’art dans la dynamique et la dialectique de ses tropismes opposés.

Jean-Paul Gavard-Perret

Fabienne Verdier, « Vide Vibration », Galerie Pauli, Lausanne du 28 octobre au 31décembre 2017. « Silencieuses coïncidences », Lelong et Cie, Paris, du 30 Novembre 2017 au 20 Janvier 2018

10:41 Publié dans Femmes, Images, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.