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24/10/2017

Johanna Simon-Deblon : L’une est l’autre

Debon 3.jpgJohanna Simon-Deblon remet à jour la vision de la féminité. Elle crée une ambiguïté, une incertitude par révision des poncifs en ce qui tient d’un conte. Néanmoins celui-ci renvoie au réel de manière radicale et ironique Sous forme d’autofiction la créatrice reprend l’idée du dédoublement de sa propre image afin de montrer que « je » peut-être aussi un autre : la structure identitaire est complexe. Fixant l’intime au moment de la post puberté - avec rappels à l’enfance et transition vers l’âge adulte visualisés soit directement soit sous une symbolique non seulement du sang mais de sa couleur.

Deblon 3.jpgL’artiste multiplie les jeux. Ils n’ont rien d’épicurien. La forme est essentielle pour aider à voir le féminin autant par jeu, construction que profondeur de vue et de vie. L’artiste manie légèreté, magie, fausse mystification. Existe aussi un enchantement particulier. Johanna Simon Deblon scénarise l’être et le co-être, la marge entre qui est la femme et celle qu’elle voudrait être (devenir adulte ou retourner à l’enfance) bref entre la vie qu’elle mène et celle à laquelle elle aspire.

Deblon.jpgLe travail tient non à réduire ces marges mais suggérer qu’elle crée l’opulence de l’être. Les différentes saisons ajoutent une idée supplémentaire au cycle féminin comme au temps qui passe. Il y a dans cette série une ambiguïté entre la fiction et le réel. Elle illustre l’ambiguïté entre l’être (l’intime) et le paraître (l’extime). La symbolique des couleurs, qui passent du bleu au rouge, conserve toute son importance, ainsi que le jeu de miroir. Il reprend des attitudes légèrement différentes pour en augmenter le trouble.

Jean-Paul Gavard-Perret

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