gruyeresuisse

19/10/2017

Les lucioles d'Ursula Biemann

Biemann bon.jpgFace à l’approche apparemment descriptive des vidéos et photographies de la zurichoise Ursula Biemann, nul ne peut dire qui du temps ou du paysage se métamorphose. Les prises donnent chair aux lieux en un énoncé mental et sensoriel. Soudain nous appartenons, par la persistance de telles lucioles, à la même terre que l’auteur.

Biemann bon 3.jpgL'artiste nous rappelle ce que le monde risque de devenir à force d’ "oublis" ou d’erreurs. Il reste bien sûr les « merveilleux nuages » chers à Baudelaire. Tous ne sont pas noirs : mais cela suffit-il à faire un monde ? L’artiste, lutte, expérimente afin que cette couleur n’ait pas le dernier mot. Elle rameute des images premières afin que le paysage ne s'estime pas qu'à l'aune du néant.

 

 

 

 

Biemann Bon 2.jpgMultipliant des prises Ursula Biemann croit en une autre histoire. Elle crée des images « avènementielles » empreintes de sobriété radicale, incisives et poétique. La photographie et la vidéo permettent de rappeler les offenses faites à la nature afin d'espérer un temps à l’état pur. Formes et couleurs lévitent dans le paysage. Il prend à témoin le regardeur afin qu’une lumière de limbe ou de nuée coule sur lui pour une extase nue. Il faut lutter afin qu'elle persiste afin de trouver l'or dans la nuit : il demeure ce qui reste du soleil de vie

Jean-Paul Gavard-Perret

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