gruyeresuisse

17/10/2017

Incidences et incendies de Jean-Pierre Maurin

Maurin bon.jpgDans les photographies de Jean Pierre Maurin la peau garde - souvent ambrée - une force première. Les filles savent ce que les hommes attendent d’elles. Au besoin, lorsqu’elles se sentent sûres d’elles, elles les toisent sans faillir. Si bien que nul ne sait si entre le corps égéries ou celui des hommes lequel devient « un village incendié, une prison aux grilles ouvertes » (Laura Vazquez).

 

   

Maurin.jpgLe photographe évite dichotomies faciles en des poses ou situations énigmatiques. Et ses égéries qui traversent le temps ne doivent pas être jugées sur leurs gestes ni à l’inverse analysées selon un esprit trop rationnel. C’est pourquoi un tel coffret ne dort pas dans ses images, il les agite. Le sentiment n’y est jamais univoque mais toujours complexe. Naissent de multiples épanouissements et florescences au sein d’une sensualité aussi prégnante que discrète. L’intime se dit au sein de l’infime. La lumière respire.

 

 

 

Maurin 2.jpgL’univers est contenu dans de simples taches de couleurs et des lignes capables de retrouver la  note bleue  perdue et de caresser l’indicible. La sensation glisse ou nage en une éloquence insidieuse et douce. Sur leurs tiges les jeunes filles en fleurs permettent d’identifier quelque chose d’insidieux qu’il convient pas de ne pas encalminer. Existe une sorte d’état pur du désir face à la capacité de destruction du quotidien. Restent des signes d’écume, des graines dans le désert blanc. Tout est léger, une clarté défait la nuit, là où rien ne se referme. Tout est point d’élan et intimité au sein d’une dérive à l'épreuve du temps.

Jean-Paul Gavard-Perret

Jean-Pierre Maurin, « Coffret », éditions littérature mineure, Rouen, 2017, 25 E

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