gruyeresuisse

16/10/2017

Paul Klee l'incontournable à Bâle

Klee.jpgPaul Klee, « Die abstrakte Dimension », Ed. Anna Szech, catalogue de l'exposition de la Fondation Beyeler, Bâle, textes de Teodor Currentzis, Fabienne Eggelhöfer, Regine Prange, Anna Szech, Peter Zumthor, Hatje Cantz, Berlin, 236 p.

 

 

 

Klee 2.jpgPour Klee l'abstraction est le choix nécessité par le besoin d’incarner l’impulsion vitale dans des formes qui n'en soient pas le corps naturel mais celui de la peinture. Le geste « n’image » pas, n'illustre pas son trajet mais conduit l’énergie physique dont il est tendu. Il fait de lui un corps en détachement vers une forme qui sera son nouveau corps en douleur et en appel.

La violence qui apparaît dans l’œuvre ne brutalise notre vue qu’à cause des ravages qu’elle exerce autant sur le corps que dans la peinture. Elle y détraque les formes, distend les membres et postures, provoque des sortes de somptuosités "monstrueuses".Les mouvements ne cessent de se répéter dans nos yeux. La sensation visuelle va, vient, coule, respire, oppresse, torture.

Klee 3.jpgGrâce au peintre suisse le lieu mental est déclos. Tout est ouvert, tout est présent. Nous sommes dans le flot des corps qui regardent le monde en nous comme ils regardent le monde hors de nous dans une forme particulière. Klee organise des flux, rend sensible un souffle de mort, un souffle de vie. C'est pourquoi il reste un des peintres les plus importants de l'Europe. Son œuvre est réunie ici en quatre thèmes : nature, peinture, architecture et graphisme dans un travail qui oscille entre une semi-figuration et la totale abstraction.

Jean-Paul Gavard-Perret

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