gruyeresuisse

26/09/2017

Ilya Bukowski : poulpe fiction

Klepchenko 1.jpgAvec le top model Maria Klepchenko, Ilya Bukowski crée des images publicitaires mais bien plus. Un monde « sea, sex and sun » » est plein de chaleur et de marges de clairs-obscurs. Au corps se mêle le plus souvent en une lisière indécise le poulpe. Existe aussi des piments (ce qui pourrait sembler une redondance), des coquillages et parfois des bananes transformées en armes afin que la métaphore fruitée se retourne contre elle-même. Les ondes érotiques restent comme le modèle en une zone de flux et de reflux. Chaque photo mixe l’état d’éveil et de rêve là où les femmes semblent saisies d’une langueur ineffable.

Klepchenko 2.jpgLe voyeur y est soumis au piège des images, à leurs labyrinthes plus qu’à leurs évidences. Il est lui-même emporté à l’hôtel des songes. Tout demeure pourtant impénétrable. Chaque femme est prisonnière consentante de son propre « jeu ». Une inquiétude demeure présente. Comment l’apaiser ? Ce que le poulpe tient écarté mord en sourdine. L’image n’a rien d’une ombre passagère. Elle rapproche et éloigne. Et les éléments rapportés font figure de transfert plus ou moins symbolique. Souvent peu aguichant le mollusque n’a rien ici d’un suaire. Il caresse et sédimente celle qui, à genoux dans le sable ou telle Vénus retournant à la mer, va se mêler à l’ambre de certains « caches à l’eau ».

Jean-Paul Gavard-Perret

 

20:15 Publié dans Femmes, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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