gruyeresuisse

23/09/2017

Le bleu pour tout montrer : Mila Mayer

Mayer bon.jpgMila Mayer, "Blue, Blue, azur", Espace L, Genève, à partir du 14septembre 2017.

Née à Rio de Janeiro, Mila Mayer vit et travaille en Suisse. Dès son plus jeune âge, elle capture sa vie par le biais de la photographie. Elle en a fait son métier après des études d’économie. Elle superpose un flouté à ses clichés pour les transformer en des visions poétiques mystérieuses. Principalement dans des dégradés et les camaïeux de bleu l’artiste donne toute la force de son émotion. De cette couleur émergent de nouvelles métamorphoses, un passage inédit à travers lequel l’artiste peut continuer de fouiller sans fin.

Mayer.jpgLe bleu lui permet des reprises et des variations et il élimine le « per ornamento ». A travers lui Mila Mayer va vers quelque chose de plus puissant et, de caché. De quelque chose de l’ordre de l’organique. Tout un flux de métamorphoses prend forme. L’artiste y trouve des potentialités de substances comme de langage. Cette couleur consume le vernis des apparences et il ouvre à une paradoxale transparence. Il ne laisse rien perdre de l’absence – ou de la présence - qu’il retient.

Mayer 2.jpgL’art de Mila Mayer naît donc du bleu et du réel pour aller vers l’abstraction. Ces éléments ouvrent sa photographie à un territoire en devenir. L’artiste y exerce son regard. Il donne au temps une ténuité et une éternité. Ce bleu est autant celui de l’eau que du ciel qui parfois peut s’y noyer. Plus tard peut-être l’artiste changera de couleur. Mais pour l’heure le bleu est là pour découper le temps, déplier l’aube en divers pans. Il reste le nécessaire intrus qui scanne la pénombre. En ses variations et ses appliques le monde n’est plus un songe mais une autre forme de réalité.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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