gruyeresuisse

13/09/2017

Zaugg dans le zig : peindre l’effacement

Zaugg 2.pngRémy Zaugg, « Voici, voilà, voyez », Musée de l’Hôtel Dieu, Porrentruy, Musée jurassien d’art et d’histoire de Delémont, Musée jurassien des Arts de Moutiers, 30 septembre 1017 au 28 janvier 2018.

 

Héritier de Dada, précurseur à sa manière de Fluxus, Rémy Zaugg est un artiste très important par la manière dont il interroge la vision. Trois expositions conjointes non seulement lui rendent hommage mais permettent de découvrir des œuvres méconnues : entre autres avec « Voici » à Porrentruy où sont proposés les limbes plastiques du créateur.

Zaugg.pngL’œuvre s’adresse autant à l’intelligence qu’à la sensation afin de créer des passages entre voir, entrevoir, croire voir, croire. Zaugg a élaboré un merveilleux précis de l’outil visuel. Et ce même à l’usage des non et mal voyant. C’est là un point essentiel à qui se pose la question de ce que montrer veut dire. Formes calligraphiques, effets de perspectives mises en abîme illustrent le problème de la vision. Il peut se synthétiser par le titre d’une de ses œuvres : « Quand fondra la neige où ira le blanc ».

Il est à noter que cette phrase n’est pas chez Zaugg interrogative. Dès lors et en reprenant la problématique suprématiste il montre que l’absence d’objet ne crée pas une absence de rapport. Si bien que l’œuvre n’arien d’un dépouillement mystique. Le plasticien à des problèmes plus terrestres à résoudre. Ses œuvres font ressentir l’immensité du problème en passer du général au détail, de l’image aux mots au moyen de savants jeux d’échelle.

Zaugg 3.pngAfin que se comprennent les phénomènes optiques Rémy Zaugg a multiplié des propositions poétiques plus que pédagogiques. Il décuple la résonance des mots, leurs articulations avec leur perception en les portant jusqu’au moment où ils s’effacent et ce afin de rendre compte de la genèse du visible. En devenant peintre de l’effacement, le Jurassien témoigne d’une forme paradoxale de silence que l’art peut créer lorsqu’il combine la perception pure de la blancheur et l’intellect (jeu des mots).

Zaugg 4.jpgLe préau que représente chaque œuvre se transforme en grand laboratoire. Et ces trois expositions exceptionnelles donnent une idée de l’évolution de l’œuvre, de ses préoccupations où se rencontrent là où se concentrent savoir, jeu et imagination. Soudain comme l’a écrit Béatrice Josse : « Face à cette œuvre, le silence est rompu car nous nous entendons penser ».

 

Jean-Paul Gavard-Perret

 

Commentaires

Cher Monsieur Gavard-Perret,
MERCI pour ce bel article qui cerne adroitement la démarche de Rémy Zaugg.
J'espère avoir le plaisir de vous croiser au vernissage ou à un autre moment dans l'exposition ?!
Au plaisir de vous rencontrer, je vous adresse mes cordiaux messages.
Anne Schild, conservatrice
Musée de l'Hôtel-Dieu Porrentruy (MHDP)

Écrit par : Anne Schild | 13/09/2017

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Cher Monsieur,
Merci pour votre précieux éclairage sur l'univers de Rémy Zaugg, à l'occasion de notre exposition dans trois musées!
Au plaisir de vous y acceuillir et d'y accueillir vos lecteurs.
Avec mes cordiaux messages
Valentine Reymond, conservatrice
Musée jurassien des Arts, Moutier

Écrit par : Valentine Reymond | 13/09/2017

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