gruyeresuisse

08/09/2017

Patrick Morier-Genoud : libre, lubrique et braque.

Morier-Genoud.jpgPatrick Morier-Genoud, "Culs par-dessus têtes", gravures de Erik K, Editions Humus, Lausanne, 2017. Les gravures, le livre ainsi que des dessins de Léa Lund (troisième membre du trio infernal) sont exposés à la galerie Humus jusqu’au 7 octobre 2017.


Les huit nouvelles de Patrick Morier-Genoud mettent en scène des personnages soumis à une sexualité qui les laisse pantois mais qui les révèle à eux-mêmes tout autant. Il est vrai que l’auteur libertaire connaît son sujet et se bat contre les stéréotypes consuméristes, moraux et religieux.

Morier bon.jpgChez lui les désirs ne font pas que basculer sur les lits ou ailleurs celles et ceux qui s’y adonnent. Tout est bon ; ici, dans le cochon humain. Et pas uniquement pour les charcutières. Il n’est pas jusqu’aux pères de présenter à leur fille une Ibère pulpeuse et que rien n’altère (quoique la belle de cas d’X fusse la secrétaire de sa section du parti socialiste). Elle peut réserver des surprises qu’on nommera du chef plus que d’une cheftaine. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Tout cela ne manque pas de sel. L’auteur le répand. Et jamais par le dos de la cuillère.

L’Arc du sexe devient un arbre de vie dès que s’évoque la divinité croupière qui permet, entre terre et ciel, de jouir du plain-chant des abîmes près du buisson ardent. Il se caresse au crépuscule. Mais pas seulement. Comme se caressent tout autant des poches bosselées d'un contenu énigmatique et des grigris glanés à fleur de sable là où l'eau ne peut pas être plus claire à portée de main nue.

Morier 2.jpgPour l’auteur et son comparse énigmatique cas du K seuls comptent le plaisir son audace. Ils font naître et mots et camées. Et qu’importe les voyeurs : rien ne peut leur arriver entre les pages de ses nouvelles sinon un gémissement de joie avant qu’il ne reprenne conscience et le cours de ses occupations. Morier-Genoud aura eu le temps de créer l’interstice, le passage, la jetée. Bref des zébrures d'anges noires et sexuées sous les arches grises du temps.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

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