gruyeresuisse

05/09/2017

Peter Lindberg à Saint Moritz

Lindberg.jpgPeter Lindberg a écrasé par ses photographies le 10ème Festival de St. Moritz Art Masters. Il y avait pourtant du beau linge mais une fois de plus l’artiste impose son univers a priori stéréotypé où les stars font florès. L’image peut sembler a priori manquer de profondeur de vue là où le maître du noir-et blanc cultive trop le même type de poses et il paraît mangé par l’adoration qu’il porte à ses modèles en des portraits qui deviennent des lettres d’amour. Mais le modèle échappe au statut de "corps objet" : Lindberg casse les identités fantasmatiques même s’il en joue dans le faux réalisme de la nuée. Il transforme ses prises en un cinéma du cinéma par sa manière de scénariser en couleurs des moments creux de tournage non sans emphase ironique.

Lindberg 2.jpgCertes l’œuvre peut sembler trop léchée pour être pertinente. La femme est une nymphe saisie dans un rituel indécis et flottant. Néanmoins cette approche demeure moins anecdotique qu’il n’y parait. L’élan de chaque prise crée soliloque en hommage à la femme et au cinéma. En robe de soirée ou en bottes, jouant les abandonnées, sauvages et sévères tout en éliminant les appels à la bagatelle; les femmes acquièrent une visibilité bien plus factuelle. Elles donnent l’impression de n'avoir jamais pu être comme elles apparaissent en de tels « clichés » qui n’en sont pas.

Jean-Paul Gavard-Perret

10:27 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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