gruyeresuisse

29/08/2017

Amélie Bertrand : le privilège de la forme

Bertrand 2.jpgAu sein même de ce qui ressemble à la ruine il n’existe plus d’abîme. Amélie Bertrand les redresse, y insère tractions et poussées. Vagues fixes et ramifications proliférantes fascinent par la manière dont l’artiste les « stylise ». Surgit une matière de jouissance, une émotion intense par emmêlements organisés de convergences. Le partage ne se fait plus entre l’ombre et la lumière ni entre le dehors et le dedans mais entre des éléments qui se rapprochent sans se fondre même si leur place n’est pas la « bonne ».

Bertrand.jpgLa fixité est trompeuse dans un tel mariage là où le terme de matrice reprend tout son sens. L’artiste ne croit pas à la spontanéité du geste. Elle travaille beaucoup. Elle détruit sa facilité. Avec un côté Matisse dans son émerveillement. Et toujours l’intensité. Ne subsiste que l’essentiel. Il fait la marque de fabrique d’une œuvre dont le formalisme est un piège subtil. Une intimité naît à la faveur des recoupements. Les courbes, les arêtes, les ravins, les promontoires créent des intimités où il y a toujours connaître, à découvrir. Certains peuvent y perdre pied comme d’autres le perdent dans l’amour. L’ordinaire devient extraordinaire par transposition en d’étranges tropismes.

Jean-Paul Gavard-Perret

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