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18/07/2017

Marcia Hafif : la fin de la peinture et sa renaissance


Hafif 2.jpgMarcia Hafif, « Solo Show », Kunsthaus Baselland, Bâle, 15 Septembre - 11 Novembre 2017 et « Solo Show », Kunst Museum, Saint Gall, 16 Septembre 2017 - 14 Janvier 2018

Marcia Hafif appartient à un mouvement apparu dans les années 80 du siècle dernier, en descendance directe avec Fluxus, art conceptuel et minimalisme. Il est nommé « Radical Painting », « Analytical Painting » ou encore « Fundamental Painting ». L’œuvre résolument abstraite, autoréférentielle souvent monochrome se « réduit » à l'application d'une couleur sur une surface. Des formes se découpent dans le champ pictural pour annuler la prétendue distinction entre la forme et le fond.

Hafif 3.pngComme Niele Toroni, la créatrice annonce la fin de la peinture mais pour sa renaissance. Après un arrêt dans son travail pictural pour se tourner vers d’autres médiums (photographie, installations sonores), elle tente des expériences structurelles qui la rapproche de « Support / Surface » avant de créer ses « inventaires ». Ils se veulent des réponses à des questions du type : « Que se passerait-il si je cessais de relier les couleurs les unes aux autres ? Que se passerait-il si je n'en utilisais qu'une ? ».

Hafif 4.pngD’où la création de peintures analytiques et systématiques. Leur but : mettre en évidence l’acte pictural - travail de la couleur, choix de la technique, du support. Les « inventaires » se développent afin d’examiner chaque fois les possibilités d’un élément pictural spécifique. L’ariste réalise par exemple plus de 100 toiles de même format en ne variant que la surface du blanc et du noir. Plus récemment – comme dans ses « French Paintings » - elle analyse des ambiances chromatiques en une perspective historique qui la ramène à Rodchenko et à l'origine du monochrome.

Hafif.jpgL’artiste revendique aussi l'anonymat de l'activité artistique. Toutefois sa « signature » reste liée à un travail des plus typés. Il est autant passerelle que poème optique. Il captive dans ce qui tient de buissons - coupés strictement comme pour un jardin français- de phosphènes.

Jean-Paul Gavard-Perret

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