gruyeresuisse

08/07/2017

Nicole Blanche Mezzadonna et Joanna Concejo : extension du rationnel

Mezzadonna.jpgNicole Blanche Mezzadonna, Joanna Concejo, « Un pas à la fois », Editions Notari, Genève.

Ce livre est a priori pour enfants. Mais a priori seulement. Certes l’histoire est attendrissante. Au service des envois non traitables par la poste, le héros fait preuve d’imagination pour combler les vides des adresses incomplètes ou illisibles. Néanmoins sa vie est d’une précision kantienne et soumise à une raison du même acabit. Elle le dirige eu égard aux injonctions d’une tante dont il a hérité et dont les paroles le hantent. Mezadonna 2.jpgDu moins jusqu’au jour où le personnage découvre petit oiseau tricoté. Mais ses mailles se défont : elles vont entraîner le héros loin d’un cercle où il tournait en rond. Mais le livre est encore plus fort par les dessins de Joanna Concejo. Ils semblent parfois venir d’archives et proposent des renaissances qui contiennent des abandons nécessaires à la vie du personnage entraîné du son cercle premier vers une bien autre ronde. En surgit un chant et un contre-chant du monde. Tout se joue entre traces et subtilités afin de poser la question de l’identité comme différence.Mezzadonna 3.jpg Les dessins dégagent le texte d’un aspect purement narratif. On ne peut pas pour autant parler à leur propos de formes purement « stylisées ». Une porosité particulière au monde dans une poésie plastique transforme le réel par mutations. Jaillissent ça et là des êtres ou animaux fantasques. Le geste de création n’a rien d’une reproduction. L’artiste ne cesse de plonger dans un sillon ludique qui dépasse le réel au moment même où le monde proche est de plus en plus lointain au diapason des compagnons inédits du personnage.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

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