gruyeresuisse

07/07/2017

Cyril Helnweim : absorptions

Helwein 2.jpgAu milieu de l’espace une femme et des taches de sang. Parmi les lignes la lumière de présences fantomales. Dans une gare de triage, d’étranges cérémonials. Partout l'abandon est programmé au sein de combustions oniriques. Restent la perte d'un contrôle et sa retenue. Avec Cyrill Helnweim la photographie devient une technique particulière au seuil du réel et surtout de l’irréel : celui-ci embue les figures du dehors, en consume le vernis jusqu’à la transparence noire reformalisée de manière drôle et gothique.

Helwein 3.jpgLe monde est essentiellement féminin mais peut-être pour mieux montrer ce que les femmes subissent en leurs rêves ardents. Helnweim en soulève le voile et montre le corps. Son risque inconcevable, sa dimension sublime d’impossible extase. Surgit la proximité et la distance. Moins la trace que la sensation. L’artiste ne laisse donc rien perdre de la présence féminine et de l’attente. Ses photographies incisent de réel afin que des fantasmagories de contes merveilleux ou horribles prennent tout leur sens. Mais néanmoins le reste du monde n'est pas oublié. En comparaison il devient un étrange et inquiétant écrin.

Helwein.jpgDans de telles œuvres l’ombre avale l’ombre. Elle creuse les corps pour ce qu’il doit être, pour que tout recommence. Et que tout reste à « écrire » au delà d’une vision « christique » d’un monde chargé de la faute et de la punition. L’angoisse est toujours émergente. Néanmoins le photographe la fait dériver pour qu’elle parle autrement. Il en montre l’envers et scanne son mystère.

Jean-Paul Gavard-Perret

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