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29/06/2017

"Face à face" au Musée Jurassien ou le coeur de la peinture

Wolfender Stetter.jpg"Face à face : la figure humaine au cœur des collections", Musée Jurassien des arts, Moutier, du 2 juillet au 12 novembre 2017.


Il existe un écart entre le visage et le portrait. Surtout depuis l'invention de la photographie. Celle-ci a pris en charge un certain dévoilement de l'identité. Depuis, la lumière du visage peint perce des ténèbres et ouvre de nouveaux horizons comme le prouve les artistes exposés à Moutier : entre autre Gustav Stetter, Ani, Gérard Brégbard, Bernard Philippe, Anouk Richard et chacun dans un langage et un parti-pris particulier. Tous sont capables de donner à voir une vérité qui n'est pas d'apparence mais d'incorporation.

wolfender Moutier.jpgCes artistes ont compris comment depuis l'Antiquité grecque où visage et masque étaient indissociables, le premier est devenu le centre de toutes les ambiguïtés selon une logique anthropomorphique de l'art occidental sur lequel la peinture à partir du XXème siècle a décidé de se dégager.

En parcourant l'exposition, le visiteur comprend que le portrait plus que miroir est devenu une "visagéité" (Beckett) qui souligne la "fausse évidence" des figures "réelles". Ce "face à face" fait éclater les masques et prouvent que tout artiste est celui qui se met en quête d'identité du langage pictural en s'arrachent à la fixité du visage pour plonger vers l'opacité révélée d’un règne énigmatique dont la peinture ouvre les portes en son souci d’incorporation et non de reproduction.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

(Portrait par Stetter et autoportrait de Wolfender)

 

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