gruyeresuisse

20/06/2017

Baptiste Oberson nègre blanc du dessin


Oberson 4.jpgBaptiste Oberson, « Délié », art&fiction éditions, coll. « sonar », 64 p., 2017 et exposition Cahiers à l’espace de l'avenue de France 16, Lausanne, du 29 juin au 28 juillet 2017.

Pour saluer sa publication et son exposition Baptiste Oberson en appelle à ceux qui porteurs d’un crayon viendront l’honorer de leur présence. L’artiste remplira son « rôle de toute une vie » : il dessinera dans les livres avec tous les crayons amenés.

Oberson 2.gifSon œuvre reste d’une exigence rare : il ne cherche pas à élargir le monde. Mais ne le réduit pas plus. Il fait surgir des taches sourdes. Et l’artiste de préciser : "Je lève les yeux, mon regard s'accroche volontiers dans le fourbi, tout ce qui est trop imbriqué pour être séparé. Si on tente de détailler, on perd l'ensemble, on étouffe le dessin - il meurt". Il ne faut pas que le "reconnaissable" prenne l’emprise sur le dessin. Mais c’est ainsi que hardes sur hardes l’aventure de l’imaginaire crée des hallucinations là où le support subit des pertes blanches.

Oberson 3.jpgRestent des transes selon des « défaillances » programmées. Nul besoin de glose ou de codex. En « ghostdrawer » l’artiste donne ce que les mots ne disent pas là où tout reste proche du chaos d’où l’oeuvre sort. A la débandade l’artiste préfère la sarabande de la déperdition. L’image n’est plus qu’un habit sans personne dedans. A cela elle répond à ce que Novarina demande à l’art : « pas de l’être, juste des vêtements ».

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

16:55 Publié dans Images, Suisse, Vaud | Lien permanent | Commentaires (0)

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