gruyeresuisse

11/06/2017

Izet Sheshivari : un monde simplifié par l’évidence du multiple

Sheshi 2.jpgPar sa transformation du concept de livre, Izet Sheshivari poursuit sa mutation des images. Héritier de John Armleder il continue à renverser leur valeur en des mises en pages qu’il produit (et non reproduit) en donnant au support une nouvelle place.

Les morceaux d’images deviennent des pièces prélevées d’un plan séquence ou d’une sorte d’enquête filée. Izet Sheshivari en propose un éclaté ou une mise à plat. La visualité du monde est modifiée par le tramage et le processus d’impression au sein d’une traversée et d’une reconstruction.

Sheshi.jpgL’artiste ne cherche pas forcément l’attrayant et encore moins le décoratif. Ses arrêts sur image rendent l’anecdotique à la fois détachable du monde sans que la réalité soit remise en cause. Chaque page confirme un jeu de côtoiement et de séparation.

Sheshi 3.jpgLe réquisit de l’inhabituel est rendu décisif à travers l’anodin. Une sorte de fluidité aère l’encombrement et si rien ne bouge, rien ne suffoque, tout aère et circule. Un grain parfois plat ou un certain glacé fait de chaque tirage - et par amputation du cadrage des choses - une sélection d’espace où le tout essaime et s’échappe.

Jean-Paul Gavard-Perret

Izet Sheshivari, « Two Hands » « Two Coffee (Metropolitan Museum of Art) », Editions Boabooks, Genève, 2017.

 

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