gruyeresuisse

24/05/2017

Lilian Bourgeat le passe muraille

Bourgeat.jpgLilian Bourgeat, Exposition, Fondation Claudine et Jean-Marc Salomon, Manège du Haras, Annecy, du 10 juin au 15 octobre 2017.

 

 

 

Bourgeat 2.jpgLilian Bourgeat est passé maître dans le surdimensionnement d'objets du quotidien. Son œuvre reste une succession de gestes et d'opérations. Il y a toujours la fulgurance drôle presque absurde d’une épiphanie volontairement imparfaite, perfectible et inachevée. L’artiste sait qu’il faut en tirer partie afin d'influencer la sensibilité du regardeur. De l’humour implicite naît la contemplation qui peut devenir mystique, si être mystique c’est se laisser dévorer vivant pour ne plus tomber nez à nez avec le réel.

Bourgeat 3.jpgPar élargissement rien n'arrête l'ouvert. L’artiste jette des formes dans le temps afin qu’on pêche diverses directions. L’artiste a compris que les images comme les heures fixes comprennent les heures en surplomb et que l’univers est réel comme trou : ils ont la même consistance. Un vaste système de signes se construit implicitement. L’intention de l’artiste se « réduit » à n’être qu’un ferment. Mais l’œuvre finalement va bien au-delà de ses intentions. Et si on demandait pourquoi l’artiste compose de tels agrandissements il répondrait sans doute que c’est pour voir se produire chaque fois un curieux « miracle ».

Jean-Paul Gavard-Perret

 

16:48 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

Le grand Plouf ! d’Erik Kessels,

Kessels 2.jpg« Etriphotographe », passionné par les expériences visuelles multiformes et fonctions, Erik Kessels est un artiste néerlandais qui ne photographie pas. Ou peu. Il s’empare de « vieilles » images pour en faire la synthèse, les déconstruire et les recontextualiser au moyen d’accumulations ou de décadrages.

Kessels 4.jpgLe photographe si particulier n’exclut rien, retient tout, préfère au besoin les pieds au visage et dans une de ses séries fétiches il suit une femme qui s’est fait photographier toute sa vie dans l’eau. D’où ce regard particulier porté aux êtres comme aux objets et jusqu’au détritus. La beauté n’est pas forcément le sujet premier : néanmoins elle existe eau moment où Kessels réactualise notre regard par son point de vue décalé, iconoclaste et désacralisé.

Kessels 3.jpgDans ce continuum ou plutôt ce "discontinuum", une part importante est laissée à la rupture comme aux répétitions sérielles. Dans l'espace du non-dit, l’image se libère. Elle est exhaussée de la durée par la fragmentation et une marche – ou une nage - sans fin. Il s’agit toujours de commencer, partir, puis à nouveau recommencer à partir, dans ses jeux de répétitions, de variations, d'ordres et de contrordres. Ils permettent à Kessel d'explorer des contrées inconnues.

Jean-Paul Gavard-Perret

« The many lives of Erik Kessels », Camera – Centro Italiano per la Fotografia, Du 1er juin au 30 juillet 2017, Turin.

23/05/2017

Ben Hopper : des photos aux poils

Hopper.pngRefusant de considérer comme belle une femme uniquement si elle est épilée, Ben Hopper présente ses modèles les bras levés afin de voir ce que les photos de mode désormais ignorent. Cette vision qui satisfera les Femen et plus largement les féministes. A la prise de force d’un érotisme aseptisé le photographe propose une première fêlure tout en créant une acuité sensorielle accrue, une montée de température.

 

 

Hopper bon.jpgPar l’assouplissement programmé des articulations de leurs bras, actrices et modèles sont totalement conquises et délivrées par leur nouveau rôle et la série d’indices que les mises en scènes et leur faisceau énergétique produisent. Ben Hopper prend sur lui de considérer principes, repères, acquis comme des quasi-hérésies. On lui en sait gré pour le plaisir que cela crée au moment où se et réanime des logiques visuelles oubliées.

Jean-Paul Gavard-Perret

https://www.therealbenhopper.com/Projects/Natural-Beauty, 2017.