gruyeresuisse

30/05/2017

Le labyrinthe optique d’Anne Collier

collier 4.jpgAnne Collier est passée experte dans la décontextualision et la transformation des clichés et conventions photographiques. Tout son travail est fait pour poser la question : qu’est-ce que regarder? Entre Cindy Sherman, Richard Prince et J-L Godard, elle reprend les photos de magazines, de pochettes d’albums, de films ( avec Marilyn par exemple) : elle les re-photographie pour en neutraliser les artefacts et en posant au passage la question du genre. Chaque cliché devient un hublot ou un trou dévasté qui ne cherche jamais à flatter le regard mais à l’interroger par ce qui est montré.

Collier 3.jpgExiste là une des réflexions les plus profondes sur la question de la reproduction et du dépliement du medium au moment où le digital impose sa loi. A travers de telles images la photographe revisite l’histoire de l’art par effet de glissement, vidange et installation « décadrée ». D’où des créations apparemment sans âge mais qui restent à l’acmé d’une postmodernité efficiente. Sous l’aspect quelque peu « romantique » émerge des visions nues, presque abstraites. Elles modifient la notion de portrait et de paysage.

Jean-Paul Gavard-Perret

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