gruyeresuisse

14/05/2017

Epures et anacoluthes de Kishin Shinoyama

Kishin 2.jpgKishin Shinoyama ( né en 1940 à Tokyo) a commencé à travailler comme photographe free-lance dès 1968. Son œuvre est renommée pour des portraits de célébrités du monde des arts. Mais dans les séries « Gekisha » et « Shinorama », il capture le temps et le corps avec des modèles plus anonyme. Son objectif : percer le mystère du féminin qui le hante depuis l’enfance.

Kishin.jpgDans ce but le Japonais agence ses modèles selon des formes qui les calligraphient selon des « structures » étranges. Elles couvrent l'écran de calcite de leurs grottes rupestres dans la lumière d’alcôves en pleine nature. Les corps se distribuent, s'additionnent, se ressuscitent selon des « élucubrations » plastiques parfois poétiques, parfois provocatrices. Reste à savoir que faire avec un tel " ça voir " lorsque l’image se situe entre enfer et paradis, trouble charnel et éther.

Kishin 3.jpgKishin Shinoyama évoque la poignante simplicité des corps aussi inévitables qu’inaccessibles. D'invisibles courants relient entre elles les déesses nues. Parfois, plus véristes, les photographies cultivent un érotisme fractal. Quoiqu’il en soit, entre coups de grisou ou chuchotements de chorégraphies voluptueuses, les rituels optiques font chavirer le regardeur au sein d’une célébration de corps en arabesques. Epures et anacoluthes semblent enfin réconciliées et font ressentir l'insondable profondeur d’un innommable.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

 

21:29 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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