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11/05/2017

Jan Fabre et ses métamorphoses à Genève

Fabre 3.jpgJan Fabre, “Gold and Blood (Sculptures and Drawings”, Art Bärtschi & Cie , Genève, du 18 mai -au 30 juin 2017.

Gold and Blood (Sculptures and Drawings) crée une proposition métaphysique et iconoclaste où l’homme et l’animal sont réunis dans ce qui devient une révision des structures identitaires. A une approche entomologiste se mêle l'apport spirituel de l’or. Il sacralise un propos de reprise et révision de l'identité. Les scarabées dotés d’un bâton d’évêque et d’un arbre de vie deviennent des gourous paradoxaux "religieux" et ironiques de l’Humanité souffrante et enfin consciente d'elle-même. Ce qui demeure bien sûr une vue de l'esprit mais que Jan Fabre revendique.

Fabre.pngLes sculptures permettent à l’exposition de se réaliser à travers un temps horizontal et vertical selon une symbolique qui rameute une connaissance ancestrale. L’artiste s’y revendique comme le passeur sérieux et farceur d’un savoir-faire et d’un savoir sacrés. Dans ses œuvres le scarabée dépasse son statut terrestre. Les perroquets (Marcel Broodthaers regarde René Magritte) rappellent comment l’admirateur contemple l’admiré. Mais en ce monde des volatiles devenus sacrés, lequel précède l’autre ? Enfin, au sein d’autres œuvres, le propre sang de l’artiste sert à accorder à la vie comme à l’art une force de purification et d’instinct de « sur-vie ».

Fabre 2.jpgJan Fabre continue à créer du nouveau sans tuer le rêve des autres. Tout chez lui sort de l’insignifiant comme de la signifiance. C’est sa manière de voler vers les cimes en gardant les pieds dans le réel trivial mais réaccordé. La rage bat encore une démesure par les subtilités de non-sens portés à l’état d’art absolu bien plus performant que la maïeutique et autres techniques métaphysiques plus « classiques ».

Jean-Paul Gavard-Perret

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