gruyeresuisse

29/04/2017

Marine Tillé : errances

Tillé.pngMarine Tillé - à l’image des ombres qui glissent parfois dans ses photos - avance au milieu des indices de décors improbables ou ce qui en reste. S’y éprouve l'intensité d’une marche forcée contre - qui sait ? - l'impossible abandon, l'impossible retour.

Tillé 3.pngDevant le regard les paysages à la fois fondent, se mixent ou offrent leurs débris. Il s'agit d’empreintes au fond de la dérive, là où la pensée manque de prise. Ne reste que le battement sourd du vent dans des ruines. Marine Tillé n'ajoute rien, n'élargit rien, ne fait que renvoyer à l'affolement où le réel s’écrase.

Tillé 2.jpgLe corps - lorsqu’il est présent – n’est qu’ersatz. Sommes-nous plus proche des débris qu’il traverse ou de sa silhouette qui a perdu substance ? Celle-ci traverse le silence. Le monde semble se réduire à une nature de fragments épars, disjoints. Marine Tillé taraude le réel. Dans chaque image - entre lenteur et vitesse - une intensité qui accapare, déborde.

Jean-Paul Gavard-Perret

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