gruyeresuisse

13/04/2017

Caroline Mizrahi et les bijoux ravis

Mizrahi 3.jpgMizrahi.jpgCaroline Mizrahi crée des portraits sophistiqués publiés entre autre dans Vogue Brazil, et Time Out Magazine. Ces femmes sont traversées par l’ondoiement de pièces d'orfèvrerie couvrant et dévoilant, éloignant et rapprochant, annulant soudain l’effet civilisateur du vêtement. En jaillit le questionnement sur la sexualité jamais vraiment apprivoisée, érotisant jusqu’aux lois qui viennent la bannir. Les bijoux enserrent le visage. Dans les tréfonds obscurs peut s'y chercher l’image d’une autre femme, qu’on aurait côtoyée peut-être du moins rêvée à l'évidence.

Surgit le regard ambigu sur le statut non moins ambigu de la féminité dans une société avide toujours de cloisonnements et de pérennité.

Contrainte à une nudité distante, la femme grâce aux bijoux et différents apprêts est soumise à une inflorescence qui la prolonge et l’isole. Le doute se mue en certitude. L'inverse est vrai aussi. Mizrahi 2.jpgC'est comme une stance surréaliste qui habillerait de pudiques fioritures une vision trop vériste et réaliste. De l'eau dormante à l'eau bouillonnante un vide est à combler . L'image qui se quitte ne se quitte pas. Elle se reprend et devient Méduse. Le « je traverse, j’ai été traversée » de Duras va comme un gant à de telles modèles ou des leurres. Leur réel ou leur diction n’est pas parti. Du moins pas trop loin. Pas en totalité. « C’est là que j’ai vécu » écrivait encore Duras.

Jean-Paul Gavard-Perret.

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