gruyeresuisse

08/04/2017

Aviya Wyse « fucking photographies »

 

Wyse 2.jpgAviya Wyse ne recherche jamais le glamour mais une sorte de vérité qui se moque de ce qui est pris comme décent (ou son contraire). La provocation inhérente à l’œuvre tient au fait qu’elle demeure sans concession avec il est vrai une pointe de soufre. Une femme (avec son chien) se fait féline mais tout autant chatte de gouttière. La photographe rassemble ainsi une communauté inavouable quelque peu gothique. Mais cela fait le charme de ses prises. L’oeuvre au noir renforce autant la tension que la drôlerie et la mise à mal de l’innocence.

Wise.jpgUn gothique certain devient ironique, pervers agressif mais parfois tendre en ce qui tient du rébus par effet d’un « sexhibitionniste » - féminin et parfois masculin - latent mais tout autant expressionniste aussi grave qu’enjoué. L’évidente radicalité apprend a réviser les apparences. L’artiste provoque donc un scandale nécessaire mais juste ce qu’il faut. Elle offre une interprétation particulière du corps selon une audace stimulante par traques intempestives sous effet de poses.

Wise 3.jpgC’est pourquoi certains critiques voient toujours en l’œuvre un corpus diabolique, malveillant, ordurier : ils se trompent L’évidente radicalité ne manque pas d’une poésie. Elle provoque une mise en abyme des images de nudité. Aviya Wyse oxygène la photographie. Celle-ci devient un miel pour attraper les nigauds. Ils se réduisent en captifs consentants alimentées par la pulpe d’une chair propre à déjouer leur jouissance buissonnière. Wise 4.jpgEn bordure de ravin les figurations sont pris dans la sorcellerie perceptive. La photographe en demeure la subtile architecte et la reli(gi)euse d’une mise en abîme impressionnante.

Jean-Paul Gavard-Perret

Œuvres de l’artiste in : Charlotte Jansen : « Girl on Girl: Art and Photography in the Age of the Female Gaze Hardcover », 2017

 

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