gruyeresuisse

21/03/2017

Peste soit de l’humain : Yvan Larsen

Larsen.pngYvan Larsen, « Sculpter la vie », Musée de Carouge, du 26 janvier au 2 avril 2017

 

 

 

 

 


Larsen 3.pngL’artiste genevois Yvan Larsen prend un biais paradoxal pour imager la vie : la sculpture animalière. Celui qui fut taxidermiste présente au Musée de Carouge son bestiaire et parfois des saisies du corps humain selon des formes qui tendent vers l’abstrait. Néanmoins toutes ces figures créent d’étranges germes de vie austère et suggèrent un appel. Il est autant intense que muet. De telles métaphores deviennent nos doubles et peut-être des paradigmes de l'impuissance qui se poursuit dans le manque.

 

 

Larsen 2.jpgChaque animal met en effet l'accent sur notre faiblesse mais suggère autant la quête d’un secret. Tête baissée ou boule bien haute l’animal devient notre fantôme. Il offre un regard éperdu. Est-il l’objet d'un souvenir malheureux ou attend-il une chance de repartir ? Nul ne peut le dire mais chaque sculpture vient brouiller les certitudes acquises et activer des émotions loin de l’empreinte anthropomorphique. Elle est livrée au jour et à la nuit, autiste, solitaire, figure mimétique de ce qui se passe à l'intérieur de l’être. Chaque animal erre en une sorte de nuit mentale ou un temps d'éternité. L’animal n’est pas un subterfuge mais la seule attitude "viable" pour essayer de recouvrer le temps ou de s'en extraire définitivement selon un contrat par lequel la poursuite de la forme ne serait qu'une recherche plastique de la nature humaine.

Jean-Paul Gavard-Perret

 

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