gruyeresuisse

18/03/2017

Caroline Tompkins : devant derrière

Tompkins.jpegCaroline Tompkins a créé « Butts the Fader» afin de proposer d’étranges posters de postérieurs. Il ne s’agit plus de produire de l’éros consommable mais ce qu’elle nomme un « Platonic Ass » (cul platonique) : il provoque bien des interrogations entre autre sur la notion de genre. Manière aussi de prouver que le postérieur n’est pas seulement fait pour s’asseoir dessus : il peut devenir le médium de bien des transgressions ou des relectures de ce qu’il représente dans l’idéologie sexuelle.

Tompkins 3.jpegL’artiste propose une exploration drôle, saisissante et poétique. Comme un hommage inversé à la mode et aux poncifs en un univers vif et lumineux. Des clichés aux apparences sexy, des couleurs musicales, un rendu fulgurant emmènent de fait de l’autre côté du miroir, à la découverte d’une transformation de la distribution des genres en un étonnant mélange d’artifice et de naturel.

 

 

Tompkins 2.jpegLa plénitude extrême du séant, l’artiste la désacralise, la détourne et la déshabille du manière moins provocatrice qu’habile. Le genre apparemment cadré du portrait est transformé en glissement du visage vers une zone opposée. Les hybrides y « involuent », s’amusent et Betty Tompkins botte le zig dans le zag.. Mais rien ne sera totalement « donné » à l’image. Et cela au nom d’une saisie qui coupe la chique à un réalisme trop tenace et toujours insuffisant pour englober ce qu’il prétend montrer.

Jean-Paul Gavard-Perret

12:10 Publié dans Culture, Images | Lien permanent | Commentaires (0)

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