gruyeresuisse

16/03/2017

Alain Huck : cartes du monde

 

Huck.jpgAlain Huck; “Tout Kurtz ensemble”, Skopia, Genève du 23 mars au 6 mai 2017.

Dans l’oeuvre d’Alain Huck il y a des images cachées derrière les images, des « calques » les uns sur les autres qui permettent d’entrer à différents niveaux dans l’image en fonction de l’imaginaire propre à chacun . L’artiste y met bien sûr quelque chose de personnel, mais les images sont assez ouvertes et aussi fractales pour que les autres puissent y voir autre chose que l’artiste lui- même. Chaque image reste donc énigmatique. Dans sa rencontre avec le regardeur nul ne peut dire si c’est elle qui vient à lui ou l’inverse. Il existe toujours en elle une petite chose là où les formes gardent leur souplesse et où le fond et le premier plan se confondent.

Huck 3.jpgL’objectif est d’arriver à faire une image sans contexte, déparasitée pour que tout concoure à une lecture dans un cadre donné même si la présence de mots pouvait faire penser le contraire. D’où une suite de découvertes là où l’artiste ne propose pas forcément un lien affectif avec ses travaux. Huck applique un jeu sur le flou et le net qui ne sont pas complètement des constats. Il ne donne pas toutes les informations sur l’image. Ce quelle montre est assez objectif mais ce dont elle parle est complètement subjectif. Il y a une ambiguïté, un mystère et le dialogue entre la réalité et ce qu’on imagine. Tout semble venir de partout et de nulle part. Personne mieux que Huck ne peut donc toucher à un univers froid dans lequel surgissent des capacités d'envoûtement. Cette recherche devient ce qu'on peut appeler la didascalie du silence.

Jean-Paul Gavard-Perret

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