gruyeresuisse

09/03/2017

Les icônes comestibles de Yoan Mudry


Yoan.jpgYoan Mudry s’en donne à corps joie et il fait partager ses irrévérences. Archétypes et icônes sont pimentés d’oripeaux en d’étranges sagas iconoclastes. Le Lausannois « exilé » à Genève propose la mise en scène de mariages improbables. Le plaisir pour les héros est toujours difficile à avaler car leurs dragées sont devenues trop hautes ou du moins pas où elles devraient être. Chaque pièce crée un début du jour plus que la fin de la nuit. Ce qui n’enlève donc rien aux questions : que faire avec une icône? Que peut-elle donner encore après avoir subi la moulinette de l’artiste ?

Yoan 2.jpgDu plaisir sans doute mais pas forcément celui que le commun des consommateurs attend. Car l’artiste n’envisage jamais de monumentaliser ses modèles. Il préfère les maquiller d’outrages ludiques. L’ensemble est volontairement instable : il évolue au gré de l’imaginaire en torsade de cet irrégulier de l’art. Il reprend à sa main graphisme et image selon un filage intempestif qui ne se conçoit pas comme achevé puisqu’il est impossible de considérer l’histoire des stéréotypes culturels comme achevable. La caricature de leur caricature fait les reines et les rois nus. Super Mario comme Freud ou Marx sont réduits à des portions incongrues.

Jean-Paul Gavard-Perret


Yoan Mudry , "The Future Is Wilds", Art Bärtschi et Cie, du 23 mars - 15 mai 2017.

Les commentaires sont fermés.