gruyeresuisse

04/03/2017

Anna Bambou : hantise de l’ombre


Bambou bon.pngL’œuvre des deux artistes « cachées » sous le nom d’Anna Bambou (Sabrina et Marianne) est une affaire de lumière offusquée et d’ombres rabattues au sein de la quête d’une disparue. Elle-même devient l’ombre portée par les créatrices. D’où cet étrange partage entre un ombrage étal, « mort » et de l’autre la chair animée par - entre autres - des transferts de polaroids .

Bambou.jpgTout se met à flotter en des « ici » de lieux qui appellent aussi un ailleurs. Chaque photo semble suspendue à une source à la fois ponctuelle et mémorielle. La rémanence « impressionne » le cliché. Contours des femmes, des objets et des lieux s’apparentent à la fois à l’ellipse et la présence.

Bambou 2.jpgCelle-ci rend possible un autre être, un autre lieu dans un labyrinthe optique. Ce qui apparaît devient moins reste que sédiment. Entre image et idée, l’ombre est à la fois déracinée mais aucun territoire ne lui est interdit. Elle ne peut néanmoins s’arracher du lieu où tout a commencé. A la fois elle est sans repos et se meut à peine. Passionnant.

Jean-Paul Gavard-Perret.

Anna Bambou, "Trois séries", Festival l’Emoi photographique, Hotel du Palais, Angoulême, du 25 mars au 30 avril 2017, « I’ll be your mirror », La Fontaine Obscure, Aix en Provence du 4 au 29 avril 2017.

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