gruyeresuisse

01/03/2017

Le cocoricogito de Raphaël Enthoven

 

 

Enthoven.jpgRaphael Enthoven profile son nouveau cantus philosophique à coups de bâtons de berger genre Justin Bridou. Il ne cesse de cultiver le mépris envers ses lecteurs en leur accordant du gras plus sentimental que philosophal. Sa pensée est à la spéculation intellectuelle ce que la flanelle est à un boulevard de ceinture. De quoi rendre fou Bernard-Henri Levy lorsque les deux philo-men in black se croisent dans les allées du pouvoir. Les deux ont le bras long et leur bien penser ne s’opère qu’en leur palais des glaces. Enthoven entrouvre leurs portes en s’essayant, comme dans « Little Brother », à un langage peuple. Mais il sied mal à celui qui n’a de frère que lui-même. Il fait tache à son cocoricogito.

Enthoven 2.pngSe voulant philosophe publique et sachant qu’il y a des lieux pour ça, il ne pratique qu’une pensée du même tonneau mais en rien comparable celui du philosophe grecque. Pour Enthoven là où il y a Diogène il n’y a pas de plaisir. Le médiateur médiatique préfère les palais vénitiens. Dommage qu’il ne pense comme il endort son lecteur : à savoir à poings fermés. Celui qui n’a jamais de fin de son moi difficile sait mettre dans la poche toutes les bergères de la Sofia en leur offrant comme nourriture spirituelle un gruyère à trous - mais sans fromage autour. Bref c’est un mixage entre du Paul Bourget et du Saint Thomas taquin. Si bien que sa panacée métaphysique donne, entre les deux infinis pascaliens, une idée assez précise d’un vide sidéral.

Jean-Paul Gavard-Perret

Raphaël Enthoven, “Little Brother”, Collection Blanche, Gallimard, Paris, 128 p., 2017

 

 

14:37 Publié dans Humour, Lettres | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Hilarant, Jean-Paul.

"Celui qui n’a jamais de fin de son moi difficile sait mettre dans la poche toutes les bergères de la Sofia en leur offrant comme nourriture spirituelle un gruyère à trous - mais sans fromage autour."

Le cocoricogito...

Écrit par : Rémi Mogenet | 05/03/2017

Sa consoeur “post-raphaélite“ Adèle van Reeth est tellement plus rassurante lors de passages vertigineux sur les chemins de la connaissance.

Écrit par : rabbit | 05/03/2017

Et Adèle en plus un vrai canon - philosophique ou non.

Écrit par : gavard-perret | 05/03/2017

J'adore son léger zézaiement quand elle parle de Spinoza.

Écrit par : rabbit | 05/03/2017

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