gruyeresuisse

27/02/2017

Giorgio Racca et ses "sœurs"


Racca 2.jpgPour Giorgio Racca montrer ne revient pas à défaire. Du moins pas en totalité. Certes la nudité peut mettre au jour ce qui fait la débauche, l’absence de vertu. Cette nudité culpabilise un peu (l’artiste est d’origine catholique romaine) mais en même temps elle sexualise le mot “ photographie. “ Tu dois regarder, regarde ” dit-elle sans pour autant que le sexe féminin soit pieuvre ou mollusque à ventouses. En exhibant la chair, Giorgio Racca ne fait qu'effleurer un surgissement volcanique La photographie devient juste une part de l’intimité ouverte : l'essentiel reste au secret.

Racca4.jpgL'artiste évite de glisser un speculum dans la tête et un couteau à dissection dans le cœur. Néanmoins l'image est tout sauf de la pensée austère. Elle ausculte, "écoute", et montre ce qui se cache pour arracher à la maladie de l'idéalité. Une autre face du monde se déploie au sein de chausse-trappes voire d'un seuil infranchissable. Le Pierrot d’amour en est comblé. Il ne peut résister. Un chemisier qui s'entrouvre fait le reste. La photographie joue à l’extrême pointe du soupir en laissant apparaître la mer où dériver comme les vastes étendues continentales où se perdre.

Jean-Paul Gavard-Perret

08:15 Publié dans Images, Suisse | Lien permanent | Commentaires (0)

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