gruyeresuisse

21/02/2017

Théâtralité de l’éros : Julia Fullerton Batten


Fullerton Baten 4.jpgOriginaire d’Allemagne puis installée à Londres Julia Fullerton Batten explore les transitions complexes, émotionnelles, physiques et sociales vécues par les femmes : adolescentes, banlieusardes et dans « The Act » celles qui ont choisi de vivre de l’industrie du sexe. Ces femmes (dont les photos se doublent d’entretiens réalisés par l’artiste) semblent vaquer dans un monde fait de réalité et de fantasmes. L’artiste en a retenue quinze souvent diplômées des universités et qui ont choisi de devenir strip-teaseuse de ping-pong, escort girls, stars du web et du porno. Elle les a photographiées nues sous fonds de décor qui soulignent leur fonction artistique, sociale ou antisociale.

Fullerton Baten 3.jpgAprès avoir « imagé » dans ses séries précédentes la difficulté de vivre lorsque l’amour va mal, cette série montre à l’inverse une solitude revendiquée. Les femmes présentées sont à la fois libres mais en lutte. Leur prostitution assumée se revendique comme l’inverse d’une prostration. Les modèles s’assument au moment où la photographe poursuit l’exploration de la psyché en de subtiles compositions teintées d’une ironie diaphane et troublante (par l’effet du décalage des mises en scènes) dans lequel un paradoxe demeure. La fragilité jaillit de corps en ordre de marche ou figés.

Jean-Paul Gavard-Perret

Julia Fullerton-Batten, The Act, Auto édité, 140 £ , Londres, 2017.

 

Les commentaires sont fermés.